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Extracts from Stencil History X Interview © Copyright 2009

Où vis-tu, que fais-tu dans la vie?

Je vis au Mans, j’ai un peu plus de 40 ans et je ne fais que de la peinture. Mon travail se partage entre le Street Art et la peinture sur toile. J’ai un parcours un peu contraire à la tendance actuelle, je suis passé de la peinture sur toile au Street Art alors qu’il y a un certain nombre d’artistes qui ont fait beaucoup de rue et qui à un moment ont utilisé le support toile en raison d’opportunités avec des galeries ou avec des acheteurs désireux d’un travail plus pérenne.

Je suis complètement autodidacte, j’ai été musicien dans plusieurs groupes dans les années 80, ensuite j’ai commencé à bosser comme graphiste et de fil en aiguille, quand le net est arrivé, je m’y suis vraiment intéressé et j’ai commencé à travailler sur les interfaces graphiques de sites web, je suis allé vers le pixel, je concevais des interfaces de téléphones portables, etc. J’avais un bon boulot à l’époque, j’étais directeur artistique, et à un moment j’ai dit basta ! je ne savais vers quoi me tourner, j’avais envie de changer de vie. Et là des éléments de mon passé eighties m’ont rattrapé, l’époque où on faisait de la musique, des pochoirs sur fringues. On faisait tout nous-mêmes, nos fanzines à la photocopieuse à l’époque où la PAO ne se faisait pas à l’ordinateur, je crois que finalement c’est ces racines qui me manquaient. J’étais dans un travail virtuel, lisse comme un écran, et je pense que j’avais besoin de passer à la matière.

Tu travailles beaucoup dans la rue, qu’est-ce qui te plait ?

Une des particularités de mon travail c’est que je n’appose pas directement la peinture sur le mur, je travaille souvent des personnages grandeur nature en 5-6 couleurs, ce qui prend trop de temps à poser dans la rue. Je ne peux pas avoir l’efficacité de certains qui posent en 10 secondes à la dérobée. Avec la rue, il y a une sorte de besoin de reconnaissance visuelle, d’être vu. Pour moi, rester dans l’acte gratuit est quelque chose d’important. Car peindre sur toile te déconnecte à partir d’un moment de toute une frange de la population, qui comme toi, n’a pas les moyens d’investir plusieurs centaines d’euros dans une toile. C’est un moyen de rester visible, accessible à tous. Au départ, j’y suis venu pour promouvoir une expo. J’avais fait de grands bull-terriers d’1 x 1 m pour une de mes premières expos dans un bar du Mans. Et je me suis aperçu qu’ils avaient eu presque plus d’impact que l’expo elle-même. C’est ce que les gens avaient retenu en tout cas.


Raconte-nous une séance de collage de rue.

One of my most significant memories was in London last year. I pasted a bulldog terrier on a door from a building site early in the morning, it was still night. And I realized later in the day light that the dog was bigger than the door, blocking it. But the workers had preferred cutting the painting, following the door opening, than removing the piece. The bull terrier was still complete.
I also have a good memory of my assignment in London at Bricklane in May 2008 because I love the brick walls which mould and curve the paper.
Quel est l’évènement de Street art qui t’a le plus marqué ces derniers temps ?

En mai 2008, je me suis retrouvé par hasard à Londres le week-end du Cans Festival pour prendre des photos et me rendre à un rendez-vous de galerie. J’ai pris connaissance de l’évènement sur place et j’y suis donc allé, après avoir cherché l’adresse sur internet, avec espoir, mes collages dans le sac. A l’entrée, j’ai essayé d’expliquer ma démarche -dans mon mauvais anglais-, j’ai fait la queue, je suis rentré et j’ai collé. Mes pièces ont été décollées dans l’après-midi, j’imagine que l’organisation du Festival a statué et rejeté tout ce qui sortait de la peinture sur mur. Les règles étaient implicites, mon travail était encore un mélange de pochoir et de sérigraphie.
Bref, je me suis fait jeter mais cet évènement a été un vrai déclic, j’en ai pris plein les yeux et le pochoir est vraiment rentré dans mon travail à ce moment-là., Cela m’a boosté, quand je suis rentré, j’ai travaillé non-stop, peut-être par envie de reconnaissance. J’ai vu des oeuvres magnifiques, j’ai découvert Hush en le voyant travailler et ça a été un grand plaisir. Les Anglais ont un très bon niveau avec une sensibilité propre. Les Français n’ont pas vraiment de patte collective reconnaissable, chacun travaille selon ses règles et sa personnalité, on est peut-être plus dans l’esthétique, le multi couches et le détail. Les Anglais, quant à eux sont plus dans l’impact et dans l’efficacité, avec un message social très marqué, je pense à Banksy bien sûr mais il y en a bien d’autres comme Azrail ou K-Guy..
Quel est ton rapport au marché de l’art ? as-tu une galerie ?

Je bosse un peu avec des galeries, mais je n’ai pas encore rencontré La galerie. Pour l’instant je vends la plupart de mes œuvres sur Internet. Je pense que dans l’art, il y a souvent une rencontre qui se fait et qu’à partir de ce moment-là, une complicité se crée où l’artiste joue son rôle d’artiste et son agent, son galeriste joue aussi son propre rôle. Et cette rencontre doit être avant tout basée sur la confiance mutuelle. Je pense que beaucoup de carrières artistiques se font par rapport à ce type de rencontres. Je l’attends.


Comment décrirais-tu ton style ?

(...) Je présente beaucoup de personnages en grandeur nature ce qui me semble représenter le plus grand impact possible dans la rue. C’est une pose, une attitude. Je bosse pas mal avec Photoshop ou Illustrator, ce sont des outils que je maîtrise bien. Cela donne des pochoirs en 5-6 couleurs. Je suis novice dans le pochoir et je me sers donc de mon background pour avancer. Mon moteur, c’est la curiosité. Je choisis mes images sur internet au coup de cœur, mais j’aimerais à travailler de plus en plus avec mes propres images, j’ai commencé à faire des séances photos avec mise en scène mais ça prend beaucoup de temps et de savoir-faire, c’est un métier, photographe et direction de modèle. Et sinon, c’est la musique qui m’inspire, je travaille en musique, j’écoute beaucoup de soul et dès qu’un artiste me touche, j’ai envie de faire son portrait. (...)
Sur toile, je mélange beaucoup la sérigraphie et le pochoir. Ce sont deux plaisirs qui me sont indispensables maintenant.